- Les années saintes trouvent leur origine dans le jubilé biblique et ont été adoptées par l'Église comme des périodes puissantes de pardon et de renouveau spirituel.
- Rome et Saint-Jacques-de-Compostelle sont les principaux centres de jubilé, avec leurs propres règles en matière d'indulgences et de célébrations.
- Le calendrier jubilaire combine des cycles fixes (25 ans à Rome) avec des dates conditionnées par le jour de la semaine (Année sainte de saint Jacques).
- Les jubilés extraordinaires, tels que le jubilé de la Miséricorde, témoignent de la mise à jour constante de cet héritage pour répondre aux besoins du monde moderne.
Les années dites saintes, ou jubilés, sont des moments très spéciaux de grâce, de pardon et de renouveau spirituel. Tant dans la tradition chrétienne que dans l'ancienne tradition hébraïque, ces périodes ont été marquées, à travers l'histoire, par des pèlerinages massifs, d'importantes décisions papales, des réformes calendaires et, bien sûr, une profonde quête de réconciliation avec Dieu et avec son prochain. À Saint-Jacques-de-Compostelle, à Rome, et même dans certaines villes comme Gáldar aux îles Canaries, ces périodes ont pris des formes et des règles spécifiques, mais toutes conservent le même objectif : offrir un temps puissant de miséricorde et de conversion.
Aujourd'hui, quand on parle d'Année Sainte, beaucoup pensent immédiatement au Jubilé de Rome ou à l'Année Sainte de Saint-Jacques-de-Compostelle.Avec ses portes saintes, ses indulgences plénières et ses milliers de pèlerins, l'histoire des années saintes est bien plus ancienne et remonte à la pratique biblique du Jubilé décrite dans le Lévitique. À partir de cette tradition hébraïque, l'Église catholique a façonné, au fil des siècles, un calendrier jubilaire comprenant des jubilés ordinaires (cycliques) et extraordinaires (liés à des événements particuliers), tissé d'un riche réseau de traditions, de symboles et d'événements historiques.
Le Jubilé dans la tradition hébraïque : l'Année de Yōbēl
Chez les anciens Hébreux, le Jubilé était connu comme l'année de yōbēl, un terme lié à la corne de chèvre utilisée pour annoncer la fête.Ce cor, sonné solennellement, marquait le début d'une année déclarée sainte, un véritable tournant dans la vie sociale, économique et religieuse du peuple d'Israël.
Selon le livre du Lévitique (Lévitique 25:8-13), le Jubilé devait avoir lieu tous les 50 ans.Cette année sainte concluait un cycle de sept semaines d'années (sept fois sept ans). Elle avait un objectif très clair : rétablir la justice et l'égalité parmi les enfants d'Israël et renouveler profondément leur relation avec Dieu.
Durant le jubilé hébraïque, les dettes étaient annulées et les terres louées ou vendues par nécessité étaient restituées à leurs propriétaires d'origine.La logique était simple et, en même temps, révolutionnaire : la terre appartient en fin de compte à Dieu, et personne ne devrait perdre définitivement sa parcelle de terre à cause de la pauvreté ou de difficultés temporaires.
Un autre point central du Jubilé biblique était la libération des esclaves hébreux.Ceux qui s'étaient vendus comme esclaves à cause des dettes ou de la pauvreté recouvraient leur liberté, confirmant ainsi l'idée que le peuple de Dieu ne devait pas vivre dans une oppression permanente. C'était une période de « nouveaux départs » pour les familles, une sorte de renaissance spirituelle, sociale et économique.
La terre elle-même fut également appelée au repos durant cette période de jubilé.…sans culture, comme une pause écologique pour que la terre puisse se régénérer. Cette combinaison d’annulation des dettes, de restitution des biens, d’affranchissement des esclaves et de repos pour la terre a fait du Jubilé hébraïque un grand programme de justice sociale et de réconciliation avec Dieu et la création.
Origine et évolution des années saintes dans l'Église catholique

À l'époque chrétienne, la tradition des Années Saintes a officiellement débuté en 1300 à Rome, avec le premier Jubilé proclamé par le pape Boniface VIII.Ce jubilé s'inscrit dans un contexte de grande effervescence religieuse et culturelle en Europe, marqué par la croissance des villes et l'essor des universités. des cathédrales gothiques, de polyphonie, de littérature et d'arts visuels.
À cette époque, des foules de pèlerins affluaient vers les tombeaux de saint Pierre et de saint Paul à Rome.…désireux d’obtenir des indulgences plénières et de vivre un puissant moment de foi. Impressionné par cet afflux extraordinaire, Boniface VIII publia la bulle. Antiquorum habet le 22 février 1300, instituant officiellement le premier jubilé de l'Église.
Durant cette première Année Sainte, les Romains qui visitaient trente fois les basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul au cours de l'année recevaient l'indulgence plénière.Parallèlement, les pèlerins venant de l'extérieur de la ville étaient tenus d'effectuer quinze visites. L'idée initiale du pape était de proclamer un jubilé tous les cent ans, liant symboliquement l'Année sainte au « centenaire » de la naissance du Christ.
En pratique, cependant, un intervalle de 100 ans a privé de nombreuses générations de la possibilité de vivre un jubilé.Compte tenu du fort désir populaire et du contexte spirituel de l'époque, la fréquence des Années Saintes a été ajustée au cours des siècles suivants.
Dès 1342, le pape Clément VI réduisit l'intervalle à 50 ans.En réponse à une requête des Romains, le deuxième jubilé de l'histoire fut célébré en 1350. Plus tard, en mémoire des 33 années de la vie du Christ, le pape Urbain VI tenta d'établir un cycle de 33 ans et appela à un jubilé en 1390, qui fut effectivement célébré par Boniface IX après la mort d'Urbain.
En 1400, au terme des cinquante années précédemment établies, Boniface IX confirma le pardon accordé à ceux qui avaient effectué des pèlerinages à Rome.perpétuant ainsi la tradition du jubilé. En 1423, Martin V célébra un nouveau jubilé, et en 1450, le pape Nicolas V fut le dernier à observer un jubilé, cinquante ans après les précédents.
Le changement décisif est survenu avec Paul II, qui a décrété une période interjubilaire de 25 ans.En 1475, le modèle qui perdure encore aujourd'hui fut ainsi établi : un jubilé ordinaire tous les 25 ans, pratique consolidée par Sixte IV, qui présida l’Année sainte décrétée par Paul II. Depuis lors, chaque fois que cela a été possible, les jubilés ordinaires ont suivi un rythme régulier.
Cependant, il n'était pas toujours possible de maintenir ce rythme.Les guerres napoléoniennes, par exemple, ont empêché la célébration des jubilés de 1800 et 1850. Ce n'est qu'en 1875, sous Pie IX, que l'Église est revenue à la célébration d'une année sainte complète, déjà dans le contexte de l'annexion de Rome au royaume d'Italie, mais sans la même solennité qu'auparavant.
Jubilés ordinaires et extraordinaires : un aperçu historique
Tout au long de son histoire, l'Église catholique a célébré à la fois les Années Saintes ordinaires, programmées tous les 25 ans, et les jubilés extraordinaires.Ces jubilés étaient convoqués à des occasions très spéciales. Chacun d'eux avait un contexte et, souvent, des caractéristiques distinctives.
Parmi les jubilés ordinaires les plus importants, on peut citer la série classique qui a débuté en 1300.Boniface VIII (1300), Clément VI (1350), le jubilé de 1390 (proclamé par Urbain VI et présidé par Boniface IX) et celui de 1400 (Boniface IX). En 1423, Martin V célébra une nouvelle Année sainte, suivi par Nicolas V en 1450.
Avec le nouveau cycle de 25 ans, la série des Années Saintes s'est poursuivie en 1475 (proclamée par Paul II et présidée par Sixte IV), 1500 (Alexandre VI), 1525 (Clément VII) et 1550 (proclamée par Paul III et présidée par Jules III)., 1575 (Grégoire XIII), 1600 (Clément VIII), 1625 (Urbain VIII) et 1650 (Innocent X).
Au XVIIe siècle, cette séquence se poursuivit avec le Jubilé de 1675 (Clément X) et celui de 1700., ouverte par Innocent XII et fermée par Clément XI. En 1725, l'Année Sainte de Benoît XIII fut célébrée, suivie de celle de Benoît XIV en 1750, qui deviendra célèbre sous le nom de Jubilé des Prêcheurs.
Le Jubilé de 1750, convoqué par Benoît XIV par la bulle. Pèlerins à Domino, devint célèbre pour les prédications intenses de saint Léonard de Port-MauriceIl accomplit une œuvre missionnaire considérable et fit ériger pas moins de 572 croix, dont une au Colisée, à la mémoire des martyrs chrétiens. Benoît XIV institua également le traditionnel Chemin de Croix au Colisée, une pratique qui perdure encore aujourd'hui, notamment le Vendredi saint.
Après 1750, suivirent les jubilés de 1775 (Clément XIV, présidé par Pie VI), 1825 (Léon XII), 1875 (Pie IX), 1900 (Léon XIII), 1925 (Pie XI), 1950 (Pie XII), 1975 (Paul VI) et 2000 (Saint Jean-Paul II).Durant certaines périodes, comme entre 1800 et 1850, il n'y eut pas de jubilé en raison des guerres et de l'instabilité politique, mais la tradition ne se perdit pas.
Outre les années saintes ordinaires, l'Église célèbre également des jubilés extraordinaires dans des circonstances particulières.En 1933, Pie XI proclama un jubilé extraordinaire pour marquer le 1900e anniversaire de la Rédemption. En 1983, Jean-Paul II institua une autre Année sainte extraordinaire. En 2015, le pape François institua le Jubilé de la Miséricorde par la bulle pontificale merci à la recherche, à l'occasion du 50e anniversaire de la clôture du Concile Vatican II.
Le jubilé de 1950, connu sous le nom de jubilé du Grand Retour et du Pardon, fut particulièrement important dans la période d'après-guerre.Proclamé par Pie XII avec la bulle Jubiléum MaximumIl a invité les fidèles à se tourner vers Dieu avec un cœur contrit, implorant la paix pour un monde meurtri par les conflits. L'un des moments forts de cette Année Sainte fut la définition du dogme de l'Assomption de Marie, proclamée place Saint-Pierre devant près d'un demi-million de fidèles.
Le Grand Jubilé de l'an 2000 a célébré le deux milleième anniversaire de l'Incarnation du Christ.Proclamé par saint Jean-Paul II avec la bulle Mystère de l'Incarnationis En 1998, elle s'est accompagnée de gestes symboliques profonds, tels qu'une demande publique de pardon pour les péchés historiques commis par les chrétiens et un hommage particulier aux martyrs du XXe siècle.
Le Jubilé de la Miséricorde de 2015 a été marqué de façon unique par l'ouverture de « portes de la miséricorde » dans des cathédrales, des sanctuaires, des hôpitaux et des prisons du monde entier.Elle ne se limitait donc pas à Rome, mais répandait le signe jubilaire de bienvenue et de pardon dans tous les diocèses, renforçant ainsi le thème central du pontificat de François : une Église qui va de l'avant, marquée par la miséricorde.
Signification spirituelle et pratique de l'Année Sainte.
Tous les 25 ans, lors de la célébration d'une Année Sainte Ordinaire, l'Église offre aux fidèles un temps privilégié de conversion et de croissance spirituelle.C’est une période reconnue par le Magistère comme particulièrement propice à l’obtention de bienfaits spirituels, y compris l’indulgence plénière, liée à certaines conditions et pratiques de foi.
Le Jubilé est considéré comme une « période favorable », une véritable « année de grâce du Seigneur »., rappelant les paroles de Jésus dans l’Évangile de Luc (cf. Lc 4, 20). Durant cette période, les chrétiens sont invités à un examen de conscience approfondi, à rechercher la réconciliation sacramentelle, la réparation des torts commis et des actes concrets de charité.
En pratique, l'Année Sainte est une invitation à intensifier la prière, la participation à l'Eucharistie, la confession, les œuvres de miséricorde et l'engagement pour la justice.À Rome et dans les autres lieux du Jubilé, le passage de la Porte Sainte revêt une signification symbolique très forte : franchir cette porte représente une entrée renouvelée dans la vie du Christ, en laissant le péché derrière soi et en s’ouvrant à la grâce.
Le thème choisi pour le jubilé de 2025, « Pèlerins de l’espoir », exprime parfaitement cet horizon.L’idée est de raviver une espérance qui ne repose pas sur les événements passagers, mais sur Dieu lui-même. L’Année Sainte vise à redonner confiance face aux crises du monde, en encourageant les chrétiens à vivre au quotidien comme des signes vivants d’espérance.
Au-delà de sa dimension personnelle, le Jubilé a également un impact communautaire et social.En promouvant le pardon, la réconciliation et la justice, elle souligne la nécessité de transformer les relations humaines marquées par la haine, l'inégalité ou la vengeance. De même que lors du Jubilé biblique les structures sociales furent « réajustées », l'Année sainte invite aujourd'hui l'Église et la société à repenser les structures de péché et d'exclusion.
L'Année sainte de Compostelle ou Jubilé jacobéen
Outre Rome, l'une des années saintes les plus célèbres du monde chrétien est le jubilé de Compostelle, également appelé année sainte jacobéenne.Il est célébré dans la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne, lorsque la fête de saint Jacques l'Apôtre (25 juillet) tombe un dimanche.
L'institution de l'Année sainte de Compostelle remonte au XIIe siècle.Le pape Calixte II, qui, avant d'accéder à la papauté, avait effectué un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle lorsqu'il était archevêque de Vienne, joua un rôle fondamental dans ce processus. Le 27 février 1120, par la bulle Disposition omnipotenteIl éleva Saint-Jacques-de-Compostelle à la dignité de siège métropolitain, y transférant la métropole de Mérida, conformément aux souhaits de Diego Gelmírez, premier archevêque de l'archidiocèse de Compostelle, et avec le soutien d'Alphonse VII de León.
En 1122, alors que la dernière pierre de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle était posée, Calixte II accorda le privilège de célébrer régulièrement l'Année sainte de Saint-Jacques à partir de 1126.à condition que la Saint-Jacques tombe un dimanche. L'intention était qu'à Compostelle, on puisse obtenir les mêmes grâces spirituelles que celles accordées à Rome lors des années jubilaires, célébrées alors tous les 25 ans.
Ce privilège fut confirmé et étendu par des pontifes ultérieurs, tels qu'Eugène III, Anastase IV et Alexandre III.Celui-ci, le dernier, dans le dépliant. Regis aeterniLe décret, daté du 25 juillet 1178, proclamait le caractère perpétuel du privilège et assimilait les bénéfices de Compostelle à ceux de Rome et de Jérusalem. Cette assimilation contribua grandement à l'essor des pèlerinages médiévaux sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, attirant des pèlerins de toute l'Europe.
Aux XIXe et XXe siècles, l’Année Sainte de Saint Jacques a conservé une curieuse cadence, décrite par le modèle 6, 5, 6, 11., qui désigne l'intervalle en années entre deux années saintes. Cette cadence s'explique par la combinaison du cycle de la semaine de sept jours et de la présence d'années bissextiles dans le calendrier.
Si les années bissextiles n'existaient pas, une année sainte de saint Jacques aurait lieu tous les sept ans.Cependant, comme les années multiples de 100 ne sont bissextiles que lorsqu'elles sont également multiples de 400, des intervalles de sept ou douze ans apparaissent lors du passage d'un siècle à l'autre. Ce fut le cas, par exemple, lors de la réforme grégorienne de 1582 et se reproduira au cours des siècles suivants lors des années centenaires non bissextiles.
Aux XXe et XXIe siècles, il y a eu 28 années saintes de saint Jacques, suivant le modèle des intervalles 6, 5, 6, 11.Elles ont notamment été célébrées en 1909, 1915, 1920, 1926, 1937-1938 (cette dernière avec une prolongation extraordinaire en raison de la guerre civile espagnole), 1943, 1948, 1954, 1965, 1971, 1976, 1982, 1993, 1999, 2004 et 2010.
L’Année Sainte 2021, tombant à nouveau un dimanche, était également une Année Sainte de Saint Jacques et revêtait une signification historique particulière.Le Jubilé a été prolongé tout au long de l'année 2022 en raison de la pandémie de COVID-19 en Espagne. C'était la deuxième fois dans l'histoire que le Jubilé jacobéen était prolongé pendant deux années consécutives, reprenant le précédent de 1937-1938, lorsque le pape Pie XI avait accédé à la demande du prélat de Compostelle, Tomás Muniz de Pablos.
Durant une Année Sainte de Saint-Jacques, les pèlerins arrivant à Saint-Jacques-de-Compostelle peuvent passer par la Porte Sainte (Porte du Pardon) de la cathédrale. Pour obtenir l'indulgence plénière, il faut remplir les conditions habituelles prescrites par l'Église (confession, communion, prière aux intentions du Pape, détachement du péché). Durant toute l'Année Sainte, la lanterne de la tour de Bérenguela reste allumée comme un phare visible de loin, guidant spirituellement les pèlerins vers le sanctuaire.
Il est intéressant de noter que la célébration de l'Année sainte de saint Jacques ne se limite pas à Compostelle.D'autres lieux, comme la ville de Gáldar aux îles Canaries, ont également reçu du Saint-Siège le privilège de célébrer l'Année sainte de saint Jacques. En 1965, Paul VI accorda cette grâce par une bulle papale, et en 1993, Jean-Paul II rendit ce privilège perpétuel, renforçant ainsi le lien spirituel de ces communautés avec l'apôtre saint Jacques.
Comment est déterminée une Année Sainte de Saint Jacques et quel est son impact sur les pèlerinages ?
D'un point de vue technique, une année est considérée comme jacobéenne s'il s'agit d'une année commune commençant un vendredi ou d'une année bissextile commençant un jeudi.Sauf exceptions exceptionnelles, comme en 1938 et 2022. En ce qui concerne les lettres dominicales, l'année doit comporter la lettre C ou DC.
Cette combinaison du calendrier civil et du calendrier liturgique explique pourquoi les Années Saintes de Compostelle ne suivent pas un intervalle fixe simple.L'influence des années bissextiles et des règles du calendrier grégorien (en particulier pour les années civiles qui ne sont pas des multiples de 400) entraîne des variations dans l'espacement entre les années saintes.
Au XXIe siècle, par exemple, la séquence des Années Saintes de Saint Jacques s'étend jusqu'en 2094.À partir de 2100, 2200 et 2300 — qui ne seront pas des années bissextiles —, le rythme changera. La dernière Année sainte de saint Jacques du XXIe siècle aura lieu en 2094, et la première du XXIIe siècle seulement en 2106, douze ans plus tard. Ensuite, l'intervalle de 6, 5, 6, 11 ans entre les dates sera rétabli.
Au-delà des calculs calendaires, l'impact spirituel et culturel de l'Année sainte de saint Jacques est énorme.Chaque année sainte entraîne une augmentation significative du nombre de pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, redonnant vie aux itinéraires, villages, églises et auberges ancestraux. Nombreux sont ceux, y compris parmi les pèlerins non pratiquants, qui voient dans ce pèlerinage une occasion de pause, de réflexion, de reconnexion à soi et d'ouverture à la transcendance.
Les sites web officiels tels que ceux du Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice, de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle elle-même, et d'initiatives comme Xacobeo. Ils diffusent des informations sur les différentes étapes du pèlerinage, l'accueil, les célébrations liturgiques et les activités culturelles liées à l'Année Sainte. Blogs de pèlerins, documents sur… Codex Calixtino (également appelé Liber Sancti IacobiLes études sur le symbolisme du temple chrétien contribuent à approfondir la signification spirituelle de cette expérience.
Au cours de nombreuses années saintes récentes, telles que 1993, 1999, 2004, 2010 et le cycle prolongé 2021-2022, des investissements importants ont été réalisés dans les infrastructures et la promotion culturelle.Cela renforce l'image du Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle comme un véritable « corridor spirituel » et, en même temps, comme un patrimoine historique et culturel vivant qui continue d'attirer des personnes du monde entier.
Le modèle de Compostela a également inspiré d'autres paroisses dédiées à saint Jacques, comme l'église paroissiale de l'apôtre Jacques à Los Realejos et l'église paroissiale de Gáldar.Dans ces communautés, l'esprit de l'Année Sainte s'exprime par des célébrations locales, des indulgences spécifiques et une redécouverte de la figure de l'apôtre comme pèlerin et témoin de la foi.
Si l’on considère l’ensemble de ce parcours – du Jubilé biblique à l’Année sainte à Rome, en passant par le Jubilé de Compostelle et les jubilés extraordinaires des siècles récents – les Années saintes révèlent une capacité impressionnante à unir tradition ancienne et modernité.Ils réaffirment l’idée de justice et de libération sociale présente dans le Lévitique, en la réinscrivant dans le cadre sacramentel et spirituel de l’Église, et en même temps en mobilisant des cultures, des villes et des chemins entiers autour d’une expérience de pèlerinage, d’espérance et de miséricorde qui continue de parler profondément au cœur humain.
